L’ex-dirigeante de Tunisair et présidente du parti d’opposition Troisième République a été interpellée samedi à l’aéroport de Tunis-Carthage pour « outrage au chef de l’État ».
Olfa Hamdi, présidente du parti Troisième République et ancienne directrice générale de la compagnie aérienne nationale Tunisair, a été placée en détention samedi 15 février à son arrivée à l’aéroport international de Tunis-Carthage. L’information a été révélée par son conseil, Me Anis Ezzine, via les réseaux sociaux.

Selon l’avocat, un mandat de recherche avait été émis à l’encontre de sa cliente par les autorités judiciaires tunisiennes. Les poursuites engagées contre la responsable politique concernent une accusation d’« outrage au chef de l’État », faisant suite à une plainte déposée contre elle. L’interpellation s’est déroulée immédiatement après sa descente d’avion, mais les circonstances précises de cette arrestation et le déroulement de la procédure judiciaire restent flous.
Un contexte de répression politique
Cette nouvelle arrestation s’inscrit dans une période de tensions politiques accrues en Tunisie. Depuis que le président Kaïs Saïed a suspendu le Parlement et concentré les pouvoirs entre ses mains le 25 juillet 2021, de nombreuses voix critiques ont été réduites au silence. Opposants politiques, journalistes et défenseurs des droits humains ont fait l’objet de poursuites judiciaires ou se sont vus interdire de quitter le territoire national. Les organisations internationales de défense des droits de l’homme dénoncent régulièrement ce qu’elles qualifient de tournant autoritaire du régime.
Parcours d’une femme d’affaires engagée
Femme d’affaires et haute fonctionnaire de formation, Olfa Hamdi a marqué l’histoire économique tunisienne en prenant la tête de Tunisair entre 2011 et 2012, au lendemain de la révolution. Elle fut alors l’une des premières femmes à diriger une entreprise publique d’envergure dans le pays.
Aujourd’hui à la tête de Troisième République, un parti d’opposition situé au centre gauche qui milite pour une transformation profonde du système institutionnel, elle s’est imposée comme une voix critique du pouvoir actuel. Depuis 2021, elle n’a cessé de dénoncer publiquement ce qu’elle perçoit comme une régression démocratique en Tunisie, berceau du Printemps arabe de 2011.







