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Tunisie : des partis d’opposition exigent la libération des “détenus politiques” et appellent à la mobilisation du 17 octobre

Huit partis politiques tunisiens ont publié, le 7 octobre 2026, une déclaration commune dénonçant les procès politiques, soutenant les grévistes de la faim et annonçant leur participation à la marche nationale du 17 octobre. Cette prise de position intervient dans un contexte de tensions économiques et sociales persistantes.

À une quarantaine de kilomètres de Tunis, dans la prison de Mornaguia, une protestation silencieuse se poursuit. Ce 7 octobre, plusieurs partis tunisiens ont choisi de porter cette tension carcérale sur la place publique. Dans une déclaration commune, des formations politiques démocratiques, progressistes et républicaines dressent un réquisitoire contre la situation politique, économique et sociale du pays.

Une dénonciation des poursuites judiciaires

Les signataires affirment l’existence de « procès politiques » et de poursuites engagées contre des opinions. Ils appellent à la libération de tous les détenus arrêtés pour leur activité politique, syndicale ou leur soutien à la cause palestinienne. Ils demandent également la fin des poursuites et des procès liés à l’expression d’opinions opposées aux choix du pouvoir.

Concernant les prisonniers, la déclaration exprime une « solidarité totale » avec ceux qui ont entamé une grève de la faim. Selon les informations disponibles, l’opposant Ahmed Nejib Chebbi a débuté une grève de la faim le 1er octobre. Une autre figure politique, Abdelhamid Jlassi, prévoyait de se joindre au mouvement le 6 octobre. Les signataires tiennent les autorités actuelles pour responsables de l’intégrité physique de ces personnes et appellent au respect des normes internationales relatives au traitement des détenus.

Des revendications économiques et sociales

La déclaration critique sévèrement la gestion du chômage. Les signataires dénoncent le recours à des « méthodes sécuritaires » contre les diplômés sans emploi, citant des cas de harcèlement, de sièges et de dispersions. Ils mentionnent particulièrement la récente « marche de la dignité » partie du gouvernorat de Sidi Bouzid vers la capitale, qui a été empêchée d’avancer.

Selon les données de l’Institut national de la statistique, le taux de chômage en Tunisie s’élevait à 14,9 % au deuxième trimestre 2026. Chez les diplômés de l’enseignement supérieur, ce taux atteignait 26,6 %.

Sur le plan législatif, la déclaration s’oppose explicitement à deux décrets récents. Le premier concerne la composition de l’Instance supérieure indépendante pour les élections, dont les signataires estiment qu’il porte atteinte à son indépendance. Le second abroge le Code des collectivités locales, ce qui, selon eux, remet en cause le processus de décentralisation.

Vers la marche du 17 octobre

La déclaration annonce enfin la participation des signataires à la marche nationale prévue le 17 octobre à Tunis, sous le slogan « La Tunisie d’abord… le peuple au-dessus de tout ». Cette mobilisation a été lancée le 29 septembre par neuf organisations nationales, dont l’Union générale tunisienne du travail, l’Ordre national des avocats, la Ligue tunisienne des droits de l’Homme et le Syndicat national des journalistes. Ces organisations ont exprimé leurs préoccupations concernant la situation économique et sociale, ainsi que l’état des droits et libertés, et ont formulé des revendications portant sur le pouvoir d’achat, l’emploi et les services publics.

En perspective

La marche du 17 octobre parviendra-t-elle à fédérer les oppositions ? Comment les autorités y répondront-elles ? La grève de la faim derrière les murs de Mornaguia et l’appel à descendre dans la rue dessinent deux lignes parallèles de la scène politique tunisienne actuelle.

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