Il a choisi le jeudi 1er octobre 2026 pour lancer son geste de protestation. Ahmed Néjib Chebbi, président du Front du salut national, a entamé depuis sa cellule une grève de la faim sans durée fixée à l’avance. En cause : l’accès restreint à l’information dont disposent, selon lui, les détenus tunisiens, cantonnés à des chaînes de télévision dont les programmes se résument, affirme-t-il, à de la publicité et à des émissions culinaires commerciales. Son parti a rapidement apporté son soutien officiel à ce mouvement, dans un communiqué appelant les autorités à revoir leur position.
Une revendication précise : le droit de savoir derrière les barreaux
Le Front du salut national a pris soin de circonscrire la portée de cette grève de la faim. Il ne s’agit pas, selon le texte publié par le parti, de contester la détention en elle-même, mais de réclamer le rétablissement d’un accès à des sources d’information variées — un accès dont certaines chaînes bénéficiaient encore il y a quelques semaines, avant d’être retirées des grilles disponibles en prison.
Pour le parti, ce droit à l’information ne s’éteint pas à la porte de la cellule. La détention, soutient-il, ne doit pas se transformer en coupure totale avec la société et avec l’actualité du pays. C’est sur cette base que le Front appelle l’administration pénitentiaire à revenir sur les restrictions en vigueur.
Le parti met en garde sur l’état de santé du détenu
Au-delà de la revendication elle-même, le Front du salut national a tenu à rappeler aux autorités leur responsabilité quant à la sécurité et à la santé d’Ahmed Néjib Chebbi pendant la durée de cette grève de la faim. Le communiqué appelle à un traitement sérieux de la situation, loin de ce que le parti décrit comme une logique de silence et d’isolement. Une sollicitation a également été adressée aux organisations de défense des droits humains et aux acteurs de la liberté de la presse, invités à suivre l’évolution de ce dossier ainsi que, plus largement, la situation des personnes détenues en Tunisie.
Une trajectoire politique de plusieurs décennies
La figure d’Ahmed Néjib Chebbi n’est pas nouvelle dans le paysage politique tunisien. Opposant de longue date, il préside aujourd’hui le Front du salut national, une coalition rassemblant plusieurs partis et personnalités critiques à l’égard du pouvoir actuel. Son geste s’inscrit dans un contexte où plusieurs grèves de la faim ont déjà été observées ces derniers mois en milieu carcéral tunisien, menées par des personnalités politiques ou des militants, le plus souvent pour dénoncer les conditions ou la durée de leur détention.
Le slogan retenu pour accompagner cette action, rapporté par le communiqué du parti, résume l’esprit de la démarche : il dit préférer une mort digne à une survie qui ne le serait pas.
Une issue encore incertaine
Pour l’heure, aucune réaction n’a été communiquée par l’administration pénitentiaire sur cette grève de la faim. L’issue dépendra à la fois de l’évolution de l’état de santé d’Ahmed Néjib Chebbi et d’une éventuelle réponse des autorités à la demande portée par le Front du salut national.


