Mardi 29 septembre 2026, à Tunis, une réunion a réuni des organisations nationales au siège central de l’UGTT. Elle s’est conclue par une décision forte : appeler à une manifestation nationale du 17 octobre dans la capitale. Le mot d’ordre choisi est « Tunisie d’abord… et le peuple au-dessus de toute considération ». Les participants veulent alerter sur la situation économique et sociale. Ils dénoncent aussi un recul des droits et des libertés. Le rendez-vous est fixé au samedi 17 octobre.
Ce qui s’est décidé à la Place Mohamed-Ali
La rencontre s’est tenue au siège de la centrale syndicale. Le cadre de coordination y a réuni ses représentants. Il voulait faire le point sur la situation générale du pays et coordonner ses actions.
À l’issue des échanges, le groupe a publié un communiqué en six points. Le dernier est le plus attendu. Il annonce une marche populaire à Tunis, dont les modalités seront précisées plus tard. Le parcours et l’horaire restent donc à connaître.
Le diagnostic posé par les organisations
Le texte s’ouvre sur un tableau sombre. Les organisations évoquent des difficultés quotidiennes : la vie chère, le chômage, la fragilité sociale et des services publics affaiblis. Elles parlent aussi de leurs inquiétudes sur les libertés.
Elles désignent un responsable. Selon elles, le pouvoir doit répondre de cette situation. Elles lui reprochent de décider seul et d’ignorer les attentes des citoyens. Elles disent refuser toute orientation qui mettrait la stabilité du pays en danger.
Ce que les signataires défendent
Le communiqué énumère deux grands chantiers.
Les libertés. Les organisations citent la liberté d’expression et la liberté de la presse. Elles y ajoutent le droit de s’organiser et de manifester pacifiquement. Elles insistent aussi sur l’indépendance de la justice et sur le droit à un procès équitable. Elles rejettent enfin les pressions sur l’action syndicale, associative et politique.
Les droits sociaux. Elles réclament un travail digne et un salaire juste. Elles demandent la protection du pouvoir d’achat. Elles veulent garantir l’accès à la santé, à l’éducation, au transport et aux services publics.
Qui se cache derrière ce cadre commun ?
Le communiqué ne publie pas la liste des membres. Le cadre rassemble toutefois des structures bien connues du paysage tunisien. On y retrouve la centrale syndicale et l’Ordre des avocats. On y trouve aussi la Ligue des droits de l’Homme et le syndicat des journalistes. D’autres organisations les accompagnent : associations de droits économiques et sociaux, mouvement féministe, étudiants, jeunes médecins et diplômés chômeurs.
Le noyau de ce cadre s’est formé début septembre. Le 3 septembre, la centrale syndicale, l’Ordre des avocats et la Ligue des droits de l’Homme ont signé un premier texte commun. Ils faisaient partie du Quartet du dialogue national, distingué par le prix Nobel de la paix en 2015. Le patronat, quatrième pilier du Quartet, n’a pas rejoint la démarche.
Retour sur des mois de tension
L’appel du 29 septembre n’arrive pas dans le calme. Depuis plusieurs mois, le dialogue entre l’UGTT et les autorités s’est dégradé.
- Décembre 2025. La centrale annonce une grève générale pour le 21 janvier 2026. Elle invoque la défense des libertés syndicales.
- Mars 2026. Le congrès de Monastir élit Slaheddine Selmi au secrétariat général. Il propose de relancer le dialogue social avec le gouvernement.
- Septembre 2026. Le dirigeant change de ton. Il parle d’une situation « tendue et dangereuse » et d’une « absence totale de dialogue ». L’instance administrative confirme le principe d’une grève générale. Elle demande aussi un plan de mobilisation progressive. Aucune date n’est annoncée.
La centrale cite deux exemples de blocage. Dans le secteur bancaire, une grève de trois jours a eu lieu après un désaccord salarial. Dans les mines, des négociations se sont arrêtées. Ces faits sont présentés par l’UGTT. Aucune confirmation gouvernementale n’a été relevée.
Un rôle historique pour la société civile
En Tunisie, les organisations civiles pèsent dans les moments de crise. Depuis 2011, elles ont souvent joué un rôle de médiateur. Le dialogue national de 2013 en est l’exemple le plus connu. Il avait permis de sortir d’une impasse politique.
Aujourd’hui, le contexte est différent. Les organisations disent ne plus se sentir écoutées. Elles choisissent donc la rue pour s’exprimer.
Ce qu’il faut surveiller d’ici le 17 octobre
Il reste un peu plus de deux semaines. Trois points seront déterminants :
- le parcours et l’organisation de la marche ;
- la réaction des autorités, qui n’a pas encore été rendue publique ;
- l’ampleur de la participation, au-delà des organisations signataires.
Cette journée pourrait relancer le dialogue. Elle pourrait aussi durcir la confrontation. La réponse se dessinera à partir du 17 octobre.


