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Ayachi Hammami : “privé de livres à la prison de Monastir” selon sa famille

Depuis son transfert à Monastir, Ayachi Hammami n’a plus ses livres. Ce sont ses proches qui l’ont dit le 20 octobre 2026. L’avocat et militant, âgé de 67 ans, purge une peine de cinq ans de prison. Il a quitté la prison de Mornaguia le 24 septembre. Sa famille explique que ses ouvrages lui sont retenus pour des raisons administratives. Sa défense, elle, dénonce une mesure de pression. Le sujet touche à un droit simple : celui de lire en détention.

Ce que dit la famille

Selon sa sœur, le détenu ne reçoit plus les livres qu’on lui apporte. Il n’a pas non plus de journaux ni de chaînes d’information. Il lit beaucoup, précise-t-elle, et cette privation pèse sur son moral.

L’administration aurait donné une explication aux proches. Les livres auraient été envoyés à la direction générale des prisons, à Tunis. Ils devraient revenir à Monastir avant d’être remis. Les lettres, elles aussi, n’ont pas été transmises, toujours pour des motifs de procédure.

Ces éléments viennent de la famille. Les autorités n’ont pas publié de réponse. La liste des livres concernés n’est pas connue.

Un transfert en pleine grève de la faim

Le contexte du transfert compte. Ayachi Hammami avait entamé une grève de la faim le 18 septembre. Il voulait soutenir d’autres détenus qui jeûnaient aussi. Six jours plus tard, on l’a déplacé vers Monastir.

La défense y voit une décision arbitraire. Elle parle d’un éloignement destiné à le sanctionner. Monastir se trouve à environ 170 kilomètres de Tunis, où vit sa famille. Les visites en deviennent plus pénibles.

Le parcours d’un avocat devenu accusé

Ayachi Hammami est né en 1959. Il a été ministre chargé des Droits de l’homme en 2020. Il a ensuite défendu des magistrats révoqués en 2022.

Dans l’affaire dite du « complot contre la sûreté de l’État », il était d’abord avocat de la défense. En 2023, il est devenu suspect, puis inculpé. Une première condamnation est tombée en avril 2025. La cour d’appel l’a ensuite fixée à cinq ans. Il est en prison depuis début décembre 2025.

Il a déjà mené une grève de la faim de 43 jours, qu’il a levée le 15 janvier 2026. En septembre 2026, une association américaine d’avocats lui a remis un prix international des droits de l’homme.

Une affaire suivie à l’étranger

L’enquête sur ce « complot » a démarré en février 2023. Elle a visé 17 suspects, dont 12 ont été arrêtés. Les verdicts d’appel ont suivi fin novembre 2025.

Des organisations internationales jugent ces poursuites politiques. Elles demandent la libération des condamnés. Des experts des Nations unies s’inquiètent aussi de voir un avocat condamné pour avoir défendu ses clients.

Ces organisations signalent d’autres difficultés en détention : accès limité aux livres, aux journaux et à la télévision, courrier qui n’arrive pas. D’autres détenus ont, eux aussi, entamé des grèves de la faim ces dernières semaines.

Et maintenant ?

Les livres reviendront-ils à Monastir ? À quelle date ? La direction des prisons n’a pas encore répondu. Sa décision montrera comment les autorités traitent les détenus de cette affaire, très observée à l’étranger.

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