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Mrouen Mabrouk condamné à 14 ans de prison : la cour d’appel confirme la peine en cassation d’appel financier

La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière, au sein de la cour d’appel de Tunis, a confirmé ce vendredi le jugement de première instance condamnant l’homme d’affaires Marouen Mabrouk à quatorze ans de prison. La décision, rendue dans le cadre d’un dossier de blanchiment d’argent, fait suite au verdict initial prononcé le 3 mars 2026 par la chambre criminelle compétente en matière de corruption financière du tribunal de première instance de Tunis. L’information a été confirmée à l’agence Tunis Afrique Presse (TAP) par une source judiciaire.

Une peine confirmée après plusieurs mois d’instruction

Le jugement d’appel vient clore, pour l’instant, une procédure judiciaire suivie de près par l’opinion publique tunisienne en raison du profil de l’accusé et de l’ampleur des sommes en jeu. La peine de quatorze ans repose sur l’addition de plusieurs chefs d’accusation distincts, chacun assorti d’une sanction propre.

Le tribunal a retenu, en premier lieu, six années de prison pour le chef d’appropriation, par un membre dirigeant d’une société dont l’État est actionnaire direct, de fonds publics et leur détournement sous quelque forme que ce soit. Ce volet du dossier porte sur un préjudice évalué à 100 millions de dinars.

À cette peine s’ajoutent cinq années supplémentaires prononcées pour blanchiment d’argent, la juridiction ayant retenu que l’accusé avait tiré parti des facilités offertes par sa fonction et son activité professionnelle et sociale. Ce chef d’accusation est assorti d’une amende de 100 000 dinars ainsi que d’une seconde amende, à valeur de confiscation, fixée à 100 millions de dinars.

Enfin, trois années de prison ont été prononcées pour participation à l’exploitation, par un dirigeant, un cadre ou un membre d’une société à participation étatique, de sa position afin de procurer un avantage indu à un tiers, au détriment de l’administration.

Un dossier emblématique de la lutte contre la corruption financière

Cette affaire s’inscrit dans une série de procédures judiciaires engagées ces dernières années en Tunisie contre des hommes d’affaires et des cadres d’entreprises publiques, dans le cadre de la lutte contre la corruption financière et le blanchiment d’argent. Depuis plusieurs années, les autorités tunisiennes ont fait de la traque des flux financiers illicites et de la protection des deniers publics une priorité affichée, avec la mise en place de chambres criminelles spécialisées au sein des tribunaux, précisément chargées de traiter ce type de dossiers.

Le tissu économique tunisien, marqué par un poids important des entreprises publiques et des sociétés à participation étatique, se trouve régulièrement au cœur de contentieux liés à la gestion de ces structures. Les procédures visant des dirigeants ou des actionnaires influents s’inscrivent dans un climat où la question de la transparence financière et de la reddition des comptes occupe une place centrale dans le débat public, notamment depuis 2011.

Ce contexte a vu se multiplier, ces dernières années, des enquêtes et des procès touchant des personnalités du monde des affaires, dans un pays où la confiance envers les institutions économiques et judiciaires demeure un enjeu de société. La spécialisation des juridictions dans le traitement des affaires de corruption financière traduit une volonté institutionnelle de structurer durablement cette lutte, au-delà des dossiers individuels.

Reste à savoir si cette décision de la cour d’appel fera l’objet d’un pourvoi en cassation, et quelles suites judiciaires ou patrimoniales pourraient encore découler de ce dossier dans les mois à venir.

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