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Garde à vue prolongée pour Mohamed Yousfi : le journaliste maintenu en détention au lendemain de son opération

Le juge d’instruction près le tribunal de première instance de Tunis a autorisé, lundi matin 7 septembre 2026, la prolongation de 48 heures de la garde à vue du journaliste Mohamed Yousfi, dans le cadre de l’enquête ouverte contre lui pour enrichissement illicite et blanchiment d’argent. Cette décision intervient alors que le rédacteur en chef du site Al Qatiba a été hospitalisé et opéré en urgence dans la nuit de vendredi à samedi, à la suite d’un grave malaise survenu pendant sa garde à vue. Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a immédiatement réclamé sa libération immédiate, jugeant que la poursuite de sa détention dans cet état de santé fait peser une responsabilité directe sur les autorités qui le retiennent.

Une prolongation décidée après une opération d’urgence

Selon les éléments communiqués, Mohamed Yousfi avait été placé en garde à vue dans la nuit du vendredi 4 au samedi 5 septembre, sur autorisation du juge d’instruction du Pôle judiciaire économique et financier, pour des faits présumés d’enrichissement illicite et de blanchiment d’argent. L’enquête, confiée à la Brigade centrale de lutte contre les crimes financiers complexes de la Garde nationale, à El Aouina, vise également toute personne que les investigations viendraient à impliquer.

Dans la nuit de vendredi à samedi, alors qu’il se trouvait en garde à vue, Mohamed Yousfi a été victime d’un grave malaise ayant nécessité son transfert à l’hôpital et une intervention chirurgicale en urgence. Malgré cet épisode, le juge d’instruction a autorisé, lundi 7 septembre, une prolongation de 48 heures supplémentaires de sa garde à vue, permettant aux enquêteurs de poursuivre leurs investigations.

La réaction du syndicat des journalistes

Dans un communiqué, le Syndicat national des journalistes tunisiens a exprimé une vive préoccupation face à cette évolution, estimant que le maintien en détention d’un journaliste dans un état de santé nécessitant un suivi médical après une opération d’urgence constitue un développement d’une extrême gravité. Le syndicat considère que la responsabilité de l’intégrité physique et sanitaire de Mohamed Yousfi incombe pleinement aux autorités qui le retiennent.

L’organisation professionnelle réclame la libération immédiate du journaliste et l’arrêt des poursuites judiciaires le visant, estimant que celles-ci ne peuvent être dissociées du contexte ayant précédé son interpellation, marqué selon elle par des campagnes de dénigrement et d’incitation à son encontre en lien avec ses prises de position médiatiques et ses critiques des politiques publiques. Le syndicat annonce la tenue, mardi 8 septembre à 10 heures, d’une conférence de presse à son siège, ainsi qu’un rassemblement de solidarité devant le Pôle judiciaire économique et financier, avenue Mohamed V à Tunis, à partir de 11 heures, pour réclamer la libération de Mohamed Yousfi.

Les circonstances de l’interpellation initiale

Mohamed Yousfi avait été appréhendé le vendredi 4 septembre en fin d’après-midi devant les studios d’une radio privée, où il devait participer à une émission consacrée aux politiques hydrauliques en Tunisie. Selon les informations recueillies par le SNJT auprès de l’équipe juridique du journaliste, l’enquête aurait été ouverte sur la base de publications sur Facebook, et son audition aurait porté sur son activité professionnelle et la ligne éditoriale d’Al Qatiba. Le syndicat relève que cette interpellation est survenue après une campagne de dénigrement visant le journaliste sur les réseaux sociaux, ce qui soulève selon lui des questions sur le lien entre cette campagne et les poursuites engagées.

Le SNJT affirme que des accusations aussi graves ne sauraient reposer sur des publications Facebook ou des campagnes de dénigrement, et appelle à ce que toute suspicion à l’égard d’un journaliste soit examinée dans le cadre d’une enquête indépendante, avec des preuves tangibles et un procès équitable.

Un climat de tensions persistant autour de la liberté de la presse

Le syndicat inscrit le cas de Mohamed Yousfi dans un contexte plus large qu’il qualifie de dégradation continue des conditions d’exercice du journalisme en Tunisie, marqué par une multiplication des poursuites et des interpellations visant des professionnels des médias en lien avec leurs publications ou leurs prises de position. Il évoque un enchevêtrement entre campagnes de dénigrement sur les réseaux sociaux et poursuites judiciaires officielles, qu’il juge de nature à transformer des journalistes en cibles.

Ce nouveau développement survient quelques mois après l’arrestation, en avril 2026, du journaliste Zied El Heni, condamné par la suite à un an de prison. Les autorités tunisiennes n’avaient, au moment de la rédaction de cet article, pas communiqué publiquement de réaction officielle sur l’état de santé de Mohamed Yousfi ni sur la décision de prolonger sa garde à vue.

Une situation suivie de près dans les prochaines heures

La tenue prévue mardi d’une conférence de presse et d’un rassemblement de soutien place ce dossier au cœur de l’actualité tunisienne des prochains jours. Reste à savoir si l’état de santé du journaliste et la mobilisation annoncée par la profession pèseront sur la suite réservée à cette procédure, alors que l’échéance de la nouvelle prolongation de garde à vue approche.

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