AccueilA la uneSamir Taïeb libéré : la fin d'un "acharnement judiciaire"?

Samir Taïeb libéré : la fin d’un « acharnement judiciaire »?

Tunis, 28 novembre 2025 – L’ancien ministre de l’Agriculture, Samir Taïeb, ainsi que huit autres personnes liées à l’affaire du domaine « Henchir Chaâl » à Sfax, ont été libérés le jeudi et ils ont quitté la prison le vendredi. La décision a été prise par le juge d’instruction de la division financière. La plupart des personnes libérées ont dû verser une caution pour être libérées, mettant ainsi temporairement fin à leur détention liée à des soupçons d’irrégularités financières et administratives.

Libération conditionnelle

Le juge a ordonné la libération de neuf personnes impliquées dans l’affaire, dont Samir Taïeb, l’ancien ministre de l’Agriculture, et l’ancien chef des Biens de l’État. Sept des personnes libérées ont dû verser une caution comprise entre 10 000 et 50 000 dinars . Les deux autres ont été libérées sans caution.

L’affaire porte sur des allégations de corruption concernant des terres agricoles publiques, en particulier le domaine « Henchir Chaâl », situé près de Sfax selon le ministère public.

Une affaire complexe

L’affaire Henchir Chaâl n’est pas la seule affaire judiciaire impliquant Samir Taïeb. Son nom a également été mentionné dans une autre affaire financière importante, actuellement examinée par le tribunal spécialisé dans la corruption financière à Tunis.

Cette autre affaire concerne l’homme d’affaires Marouane Mabrouk, ancien directeur d’Al-Karama Holding, ainsi que d’anciens ministres tels que Youssef Chahed et Mabrouk Korchid. Le litige porte essentiellement sur le déblocage illégal présumé d’avoirs détenus auprès de l’Union européenne en 2017. Bien que Samir Taïeb soit mentionné dans cette affaire, il n’est actuellement pas en détention, contrairement à d’autres personnes qui sont en fuite. Les demandes de libération des personnes détenues dans cette autre affaire sont en cours d’examen, et le procureur a même demandé une caution substantielle d’un milliard de dinars pour la libération de Marouane Mabrouk.

La défense invoque une « persécution »

Ce n’est pas la première fois que Samir Taïeb est confronté à des poursuites judiciaires. Dès 2021, des personnalités et des organisations de défense des droits humains ont fait part de leurs inquiétudes concernant ce qu’elles percevaient comme du « harcèlement judiciaire ».

Son avocate, Mme Saïda Garrache, a toujours soutenu que cette affaire était « sans fondement ». Selon elle, l’ancien ministre « n’a rien volé, n’a rien gardé pour lui et n’a pas détourné de fonds publics ». Le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT) a récemment réitéré ces affirmations sur les réseaux sociaux, faisant référence à des « accusations absurdes » et à une « vengeance politique ».

Évolution de l’affaire à suivre

La libération prévue ce jeudi est sans aucun doute une avancée majeure. Cependant, elle met également en évidence l’imbrication complexe des affaires de corruption en Tunisie. Un véritable débat est en cours à propos de ces affaires, entre la nécessité de punir les véritables coupables et la crainte que ces situations ne soient utilisées pour cibler injustement des militants politiques, comme Samir Taieb.

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