Casablanca – Le football tunisien vient de vivre l’une de ses soirées les plus frustrantes. Samedi soir au stade Mohammed V, les Aigles de Carthage ont gâché l’occasion en or de rejoindre les quarts de finale, s’inclinant face au Mali aux tirs au but (1-1, 3 t.à.b. à 2) après avoir joué plus d’une heure en supériorité numérique.
Soixante minutes de domination… pour rien
Comment résumer cette rencontre sans parler de gâchis ? Dès la demi-heure de jeu, Woyo Coulibaly, coupable d’une semelle dangereuse sur Hannibal Mejbri, laissait ses coéquipiers à dix. L’expulsion semblait ouvrir un boulevard vers la qualification pour les protégés de Sami Trabelsi. Mais c’était sans compter sur la stérilité offensive tunisienne et l’abnégation malienne.
Pendant plus de soixante minutes, la Tunisie a tourné autour du bloc défensif malien sans jamais vraiment inquiéter. Certes, Hannibal Mejbri a testé Diarra sur coup franc, Saad a tenté sa chance, mais l’impression générale restait celle d’une équipe sans idées face à un adversaire regroupé et discipliné. Le gardien malien, impérial, repoussait tout ce qui passait dans sa zone.
La joie, puis le drame en trois minutes
À sept minutes du terme, tout a basculé. Firas Chaouat, entré peu avant, profitait d’un excellent centre d’Achouri pour tromper enfin Diarra d’une tête plongeante. Le stade explosait, la Tunisie tenait enfin sa qualification. Sauf que le football est cruel.
Dans les ultimes secondes, Yassine Meriah commettait l’irréparable : une main dans la surface sur coup franc. Penalty transformé sans trembler par Lassine Sinayoko à la 90+6. Le Mali arrachait l’impossible et privait la Tunisie d’une victoire qui lui tendait les bras.
La malédiction continue
Les trente minutes de prolongation n’ont rien changé. Pire encore, la VAR annulait un second but de Chaouat pour hors-jeu à la 105ème minute, enfonçant un peu plus les Tunisiens dans le doute. Aux tirs au but, le couperet est tombé : Achouri et Ben Romdhane manquaient leur tentative face au héros du soir, Diarra. Le Mali filait en quarts, la Tunisie rentrait bredouille.
Retour sur un parcours décevant
Le bilan tunisien dans cette CAN 2025 restera en deçà des attentes. Après un premier match encourageant contre l’Ouganda (3-1), les Aigles de Carthage ont rapidement déchanté. La défaite face au Nigeria (3-2) à Fès, malgré un match accroché, puis le nul sans saveur contre la Tanzanie (1-1) à Rabat ont confirmé les limites d’une équipe en manque de solutions.
Qualifiée in extremis en deuxième position du groupe C avec seulement quatre points, la Tunisie espérait se relancer en phase à élimination directe. Le tirage au sort lui offrait une belle opportunité face au Mali. Mais encore une fois, les hommes de Trabelsi n’ont pas su saisir leur chance.
L’heure du bilan
Cette élimination pose de sérieuses questions sur l’état du football tunisien. Comment une équipe peut-elle échouer à concrétiser une telle supériorité numérique pendant plus d’une heure ? Où sont passées la technique, la créativité, l’intelligence de jeu qui ont longtemps fait la réputation des sélections tunisiennes ?
Sami Trabelsi est pointé du doigt. Ses choix tactiques, son management des remplacements et surtout l’incapacité de son équipe à gérer les moments clés interrogent. Le public tunisien, habitué à voir son équipe briller sur la scène continentale, attend des réponses.
Cette CAN 2025 restera comme un rendez-vous manqué. Présents inlassablement depuis 1994 dans les phases finales, les Aigles de Carthage quittent le Maroc la tête basse, avec le regret d’une qualification qui leur a glissé entre les doigts au pire moment.
Le Mali, lui, affrontera le Sénégal en quarts. La Tunisie, elle, devra panser ses plaies et se remettre au travail pour retrouver son rang en Afrique.
Le parcours tunisien en bref :
- J1 : Tunisie 3-1 Ouganda ✓
- J2 : Nigeria 3-2 Tunisie ✗
- J3 : Tunisie 1-1 Tanzanie =
- Huitième : Mali 1-1 Tunisie (3-2 t.a.b.) ✗
Classement final du groupe C : 2ème avec 4 points







